Que deviennent ces livres, quand leurs étagères changent de mains ?
Que deviennent ces receuils, quand leur amour s'éteint ?
Que deviennent ces papiers, neufs défraichis par le temps ?
Que deviennent leurs mots, histoires d'un instant ?
C'est quand la Buena Madre a évoqué cela,
De quitter sa maison, que tout est apparu.
l'horloge restaurée, l'armoire resteront là,
Les canapés et fauteuils partiront au hasard.
Les tapis fuiront vers un autre avenir, peut être bourgeois
Ce fauteuil là restera, il est antique.
Mais que deviendront les livres de peintures,
Les livres d'autrefois que le temps a patiné,
Que les yeux ont suivi, que l'usage a usé,
Les livres de voyages, autant que les photos
Je repense à cette armoire, bien précieux,
débordante de photo, diapositives, disques vinyls...
Que deviendront le piano, la platine de disques,
Les lampes d'un autre temps, les portraits des ancêtres...
Tout cet amas de choses qui ont construit leur vie,
Qui risque de disparaitre avec eux.
Tout ces détails qui les font aurjourd'hui,
Qui font qu'on se souviendra d'eux.
Que feront nous de tout cela, quand ils le lègueront,
Amas de vielleries, désuets, méprisés,
Feront nous de même avec le souvenir de leur anciens propriétaires ?
Les jetterons nous petit à petit,
au fur et à mesure de l'oubli de leur vie ?
Personne ne peut accueillir ces objets amassés
symbole d'une vie passée,
en gardant de la place pour cette vie qui s'annonce
si pleine de futurs souvenirs, qui disparaitrons avec nous...
J'aurais de la peine à laisser tout ces livres,
magnifiques de leur temps, maintenant dépassés.
Je ne pourrais jamais tous les récupérer, manque de place.
Je ne pourrais jamais tous les lire, il est deja trop tard.
Je ne pourrais jamais conserver ce qu'ils disent,
de leur vie, leurs amants, leur jeunesse et leur temps...
Les classeurs entiers remplis de photos, des voyages en pagailles
leur vie, leurs parents, leurs enfants, et nous, petits enfants...
Envoyez aux archives de France tout ces documents,
qui font notre histoire, mais qui nous encombrent,
qui font notre richesse, mais à qui on ne donne rien.
Leur doit-on quelque chose ? Mémoire surement,
mais à quel stade, quelle génération ?
honorons les vivants, eux nous le rendrons !